Née en 1995 à Rennes.

Vit et travaille à Strasbourg. Atelier au Bastion XIV (Ateliers de la Ville de Strasbourg) jusqu’à mai 2028.

Occasionnellement sur Marseille et Paris.

Mail : justine.siret@outlook.fr

Portrait en noir et blanc de Justine Siret dans son atelier, entourée de livres, de photographies et de documents.
2026, photographie : Maïta Stébé.

La pratique de Justine Siret s’élabore à partir d’un matériau premier : l’anecdote. Non pas l’histoire légère ou périphérique, mais l’événement ténu, issu du réel, capable d’ouvrir une réflexion sur les usages, les gestes et les récits qui structurent nos environnements. Ses projets naissent d’un geste de prélèvement — marche, photographie, collecte, observation — qui engage une relation directe aux espaces urbains, à leurs strates et à leurs inconscients. L’arpentage, qu’elle considère à la fois comme méthode et comme rythme de pensée, organise une lecture du territoire attentive aux détails, aux micro-fictions, aux formes involontaires que le hasard produit.

Ces fragments — images trouvées, objets prélevés, situations observées — constituent un réservoir dans lequel l’artiste puise pour construire ses œuvres. La série Vade Rétro(s), peinte sur des miroirs de rétroviseurs achetés sur la plateforme leboncoin, témoigne de cette circulation entre collecte et transformation. En « sauvant » de l’oubli des images promises à disparaître avec leurs annonces, Justine Siret s’intéresse à ce que ces objets techniques exposent malgré eux : reflets accidentels de corps, compositions involontaires, théâtralité discrète du banal. Ces images deviennent des sources pour un travail pictural qui ne se limite pas à la reproduction, mais engage un véritable geste d’interprétation.

Sculpture, peinture, édition ou installation ne constituent pas des choix prédéfinis, mais des prolongements naturels de l’anecdote initiale : chaque médium s’impose en fonction de ce que la situation collectée exige pour trouver sa forme. Au sein de cet ensemble, la peinture occupe une place structurante. Elle lui permet de déployer une grammaire de gestes et de surfaces qu’elle met en tension avec des savoir-faire ouvriers dont elle interroge la matérialité autant que la charge symbolique.

Cet intérêt l’amène à explorer, sous un angle critique, l’histoire des femmes au sein de l’industrie automobile : leurs gestes, leurs positions, leurs images périphériques ou invisibilisées.

Réparation, ponçage, masquage, application de couches successives — autant de procédures techniques qu’elle transpose dans ses dispositifs plastiques pour questionner la façon dont ces techniques façonnent les récits, les représentations et les formes.

L’ensemble de son travail repose sur une logique d’agencement. Photographies, peintures, volumes et objets coexistent dans un même champ sans hiérarchie, selon une économie de la constellation qui permet aux œuvres d’entretenir des liens, tout en préservant leur autonomie. Cette mise en relation fait émerger des circulations de sens : où le trivial rencontre l’historique, où l’objet technique se charge de mémoire, où l’image trouvée devient point d’entrée vers une réflexion plus large sur les usages, les récits et les techniques qui structurent nos environnements.

En révélant la densité narrative du quotidien, Justine Siret propose une lecture sensible et structurée du réel, où le fragment devient outil de connaissance et moteur de fiction.

Justine Siret travaillant dans son atelier de résidence au GEDOK Stuttgart.
Vue d’atelier, résidence GEDOK Stuttgart, 2024. Photographie : Justine Siret.

FORMATIONS :

Carte des formations de Justine Siret : Paris, Marseille, Mulhouse et Strasbourg, de 2013 à 2022.
Paris, 2013–2015 : BTS Design Textile, École Duperré. Marseille, 2015–2018 : DNAP, Beaux-Arts de Marseille, puis quatrième année au Laos et en Thaïlande. Mulhouse, 2018–2021 : DNSEP, Haute École des Arts du Rhin. Strasbourg, 2021–2022 : Master 1 Écritures critiques et curatoriales de l’art, Faculté des Arts.
Prise de vue de la performance Châssis à La Kunsthalle Mulhouse.
Châssis, performance, La Kunsthalle, Mulhouse, 2024. Photographie : Emma Przybylski.

Le travail plastique de Justine Siret s’ancre dans une articulation précisément établie entre l’euphorie de la spontanéité et la profondeur du travail documentaire. Cette méthode traduit la pensée pétillante de l’artiste, aux ramifications foisonnantes. Tout à la fois formelles, symboliques ou théoriques, les connexions présentes dans ses œuvres sont le résultat d’un processus d’incorporation quasi-encyclopédique. Au sein de son répertoire, la peinture tient une place de choix mais ne saurait délimiter à elle seule la palette technique nécessaire à l’expression de Justine Siret. En effet, son regard est photographique par son sens de la composition et dans le repérage minutieux de détails inattendus. La présentation de ses œuvres est, quant à elle, fondamentalement liée à l’objet dans sa spatialité. Autant que les livres qui s’amoncellent dans (et hors de) sa bibliothèque, ces objets accumulés façonnent la fresque mentale de l’artiste, dont les œuvres constituent autant de fragments perceptibles.

Maïta Stébé, 2026

PARCOURS ARTISTIQUE

2022

2021

  • Nomination au Prix Art de la Ville de Strasbourg.

2019

  • Lauréate des Talents Sati, Strasbourg.
  • Publication dans la revue Aequographe no 3, Marseille.
  • Mise au vert, exposition collective, commissariat : La Double Clique, Le Séchoir, Mulhouse.
  • Illusion, exposition collective, Affluence association, Lyon.
  • Oasis, exposition collective, La Kunsthalle, Mulhouse.

2018

  • Tirage(s), exposition collective, Le Séchoir, Mulhouse.
  • Tablée, exposition collective, ciPM (Centre international de poésie Marseille).

2016

  • Exposition du projet de diplôme de l’École Duperré à l’Alliance Française, dans le cadre de la Biennale du design de La Havane, Cuba.

2015

  • Nocturne Versant animal – Versions de l’homme, Musée de la Chasse, Paris, sur invitation d’Anne-Marie Stepfonds (19 novembre 2015).
  • Lacoste × Duperré : réinterprétation du sac L.12.12.